Je me souviens encore de mon scepticisme en 2016. Après des saisons de minimalisme scandinave et de normcore, l’idée que la mode automne nous ramène aux années 1970 – aux pattes d’eph, aux velours côtelés, aux couleurs terreuses – me semblait soit une blague de créateur, soit une tentative désespérée de faire du neuf avec du vieux. J’avais tort. Complètement tort. Trois mois plus tard, je portais un pantalon à taille haute en velours marron et une veste en laine oversize, et je me demandais pourquoi je n’avais pas écouté plus tôt. La mode automne 2016 n’était pas une régression : c’était une réinvention. Une leçon de style que, honnêtement, beaucoup de tendances récentes feraient bien de réapprendre.
Points clés à retenir
- L’automne 2016 a marqué un retour aux matières texturées (velours, daim, laine épaisse) et aux couleurs terreuses (bordeaux, moutarde, vert forêt).
- La silhouette phare : pantalon large taille haute + veste oversize + bottines à talon bloc.
- Les accessoires incontournables étaient le sac bandoulière à franges et le foulard en soie imprimé.
- Les créateurs comme Gucci (Alessandro Michele) et Céline (Phoebe Philo) ont redéfini les codes du chic automnal.
- Cette saison a posé les bases du style « grand-mère chic » et du layering exubérant qui dominent encore aujourd’hui.
- Le piège à éviter : ne pas confondre « vintage » et « déguisement ». La clé était dans l’équilibre des proportions.
Le retour du velours : texture ou artifice ?
Quand j’ai vu les premières collections automne 2016, j’ai eu un flash-back des années 1990 avec les robes en velours à sequins. Mais les créateurs avaient changé la donne. Le velours n’était plus une matière de fête bon marché : il devenait une texture de luxe discret, presque quotidien. Alessandro Michele chez Gucci l’a utilisé pour des vestes brodées, Miuccia Prada pour des jupes plissées. Le résultat ? Une matière qui, bien portée, apporte de la profondeur sans crier.
Comment porter le velours sans faire « déguisement » ?
Franchement, j’ai fait l’erreur. J’ai acheté une veste en velours bordeaux trop ajustée, et j’avais l’air d’un majordome de château. Le secret, je l’ai appris en regardant les looks de rue de Copenhague : associer le velours à des matières brutes. Un pantalon en velours avec un pull en laine épaisse et des baskets en cuir. Une chemise en velours portée ouverte sur un t-shirt blanc. Le contraste entre la douceur et le rugueux empêche l’ensemble de basculer dans le kitsch.
Statistiques de l’époque : selon Lyst, les recherches pour « velvet trousers » ont augmenté de 230 % entre septembre et novembre 2016. Et ce n’était pas un feu de paille : la tendance a tenu jusqu’en 2018.
Les couleurs phares de l’automne 2016
Si je devais résumer la palette de cette saison en trois mots : bordeaux, moutarde, vert forêt. Le Pantone Color Institute avait sorti une palette « Autumn/Winter 2016 » où le « Riverside » (un bleu-gris) et le « Dusty Cedar » (un rose poudré) dominaient. Mais honnêtement, ce qui a vraiment marqué les rues, c’était les teintes chaudes et profondes. Le bordeaux – ou « oxblood » – était partout : des manteaux aux bottines. La moutarde apportait une touche de soleil dans la grisaille. Et le vert forêt, porté en total look, donnait un air à la fois sophistiqué et sauvage.
Le problème avec ces couleurs ? Elles peuvent vite alourdir une silhouette. Une amie m’a dit un jour : « J’ai mis une robe moutarde et j’avais l’air d’une soupe à la citrouille. » La solution : les utiliser par touches. Un foulard bordeaux sur un manteau gris. Un sac vert forêt avec un jean brut. L’astuce que j’ai adoptée : une seule pièce forte par tenue, le reste en neutres (noir, beige, gris).
| Couleur | Utilisation recommandée | Pièce phare |
|---|---|---|
| Bordeaux (oxblood) | Manteau, bottines, pull | Manteau long en laine |
| Moutarde | Foulard, pantalon, veste | Pantalon taille haute |
| Vert forêt | Robe, veste, sac | Robe midi en velours |
| Bleu-gris (Riverside) | Chemise, jean, pull | Pull en maille |
| Rose poudré (Dusty Cedar) | Chemisier, écharpe | Chemisier en soie |
La silhouette clé : comment adopter le pantalon large sans tomber dans le costume
Le pantalon large taille haute – souvent en laine, en velours ou en denim rigide – était le pilier de l’automne 2016. Mais je me souviens de la première fois que j’ai essayé un modèle à pinces : j’avais l’impression de porter le pantalon de mon grand-père. Le problème, c’est que la coupe large demande un équilibre des volumes. Si tu mets un pantalon large, le haut doit être ajusté ou structuré. Et inversement.
J’ai passé des heures à regarder les défilés de Phoebe Philo chez Céline. Sa formule était simple : pantalon large + chemise blanche rentrée + blazer oversize + bottines à talon bloc. Résultat : une silhouette longue, élégante, sans effort apparent. J’ai copié cette formule avec un pantalon en laine grise acheté en friperie pour 15 euros. Ça a marché.
Les trois erreurs que j’ai commises (et que tu peux éviter)
- Prendre une taille trop grande. Le pantalon large ne doit pas être informe. Il doit tomber droit, pas flotter. La taille haute doit être ajustée à la taille naturelle.
- Oublier les chaussures. Les baskets plates coupent la silhouette. Les bottines à talon (bloc ou épais) allongent la jambe. Les mocassins à semelle épaisse sont aussi une option.
- Associer à un haut trop large. Pantalon large + pull oversize = look « sac à patates ». Mieux vaut un haut près du corps ou rentré.
Un chiffre qui m’a marqué : selon le cabinet Edited, les ventes de pantalons larges ont augmenté de 47 % en 2016 par rapport à l’année précédente. Et les jeans slim commençaient déjà à décliner. La mode changeait, et le pantalon large en était le symbole.
Accessoires : le sac à franges et autres indispensables
Les accessoires de l’automne 2016 étaient tout sauf discrets. Le sac à franges – en daim, souvent marron ou noir – était partout. Je me souviens d’une amie qui avait acheté un modèle chez & Other Stories et qui le portait même avec un tailleur-pantalon. Ça marchait parce que les franges apportaient du mouvement et une touche bohème à des tenues structurées.
Mais l’accessoire qui a vraiment changé ma garde-robe, c’était le foulard en soie imprimé. Pas le petit carré Hermès – plutôt les grands foulards rectangulaires, portés en bandeau dans les cheveux, noués autour du cou ou attachés au sac. J’en ai acheté un chez une créatrice locale, avec des motifs floraux dans les tons bordeaux et bleu. Il a sauvé plus de tenues que n’importe quelle pièce de ma garde-robe. Le truc : le nouer de façon décontractée, pas trop serré, pour éviter l’effet « hôtesse de l’air ».
Autres accessoires clés : les bottines à talon bloc (Tabi de Margiela, mais en version abordable chez Zara), les ceintures larges en cuir (portées sur les manteaux), et les chapeaux en feutre. Un détail qui m’a frappé : les ceintures étaient souvent portées par-dessus les vestes et les manteaux, pour marquer la taille et structurer la silhouette. Une astuce que j’utilise encore aujourd’hui.
L’influence des créateurs : Gucci, Céline et le nouvel éclectisme
Si l’automne 2016 a une signature, c’est celle d’Alessandro Michele chez Gucci. Sa collection « Fall 2016 Ready-to-Wear » était un tourbillon de broderies, de velours, de motifs floraux, de couleurs vives. C’était le contraire du minimalisme des années précédentes. Et pourtant, ça fonctionnait parce que chaque pièce racontait une histoire. Le secret de Michele ? L’excès contrôlé. Une veste brodée avec un jean brut. Une robe à sequins avec des bottes en caoutchouc. Il mélangeait les époques, les matières, les styles, mais gardait une cohérence grâce à la palette de couleurs et aux proportions.
De l’autre côté, Phoebe Philo chez Céline proposait une vision plus épurée mais tout aussi impactante. Ses collections automne 2016 jouaient sur les volumes – manteaux oversize, pantalons larges, robes fluides – avec des couleurs comme le bleu-gris, le camel et le bordeaux. Philo a popularisé le « layering » minimaliste : superposer une robe longue sur un pantalon, ou un pull sur une chemise, sans jamais paraître chargée.
Ces deux visions – l’exubérance narrative de Gucci et le minimalisme sculptural de Céline – ont défini le spectre des tendances de la saison. Et honnêtement, elles sont encore pertinentes aujourd’hui. Quand je vois des collections récentes, je retrouve l’ADN de Michele dans les imprimés maximalistes, et celui de Philo dans les coupes amples et les matières nobles.
Pourquoi cette saison compte encore (et ce que tu devrais en retenir)
L’automne 2016 n’était pas qu’une saison de mode. C’était un moment charnière où l’industrie a dit adieu au minimalisme strict pour embrasser un éclectisme réfléchi. Les leçons que j’en ai tirées – l’importance des textures, l’équilibre des volumes, le pouvoir d’un accessoire bien choisi – s’appliquent encore aujourd’hui. Si tu veux t’inspirer de cette saison, commence par une seule pièce forte : un pantalon en velours, un foulard en soie, un manteau bordeaux. Et construis le reste autour.
Ton prochain pas ? Ouvre ta garde-robe. Regarde ce que tu as déjà. Trouve une pièce qui pourrait être réinterprétée dans l’esprit de 2016 : un vieux pantalon large, une veste oversize, un foulard oublié. Porte-la avec confiance. La mode, au fond, c’est juste une histoire que tu racontes avec des vêtements. L’automne 2016 t’a donné un nouveau vocabulaire. À toi de l’utiliser.
Questions fréquentes
Quelles sont les pièces essentielles pour recréer le look automne 2016 aujourd’hui ?
Tu n’as pas besoin de tout racheter. L’essentiel : un pantalon large taille haute (en laine ou en velours), un manteau oversize (bordeaux ou camel), des bottines à talon bloc, un foulard en soie imprimé, et un sac à franges. Avec ces cinq pièces, tu peux créer une dizaine de tenues dans l’esprit 2016.
Le velours est-il encore tendance en 2026 ?
Oui, mais en évolution. Le velours n’est plus la pièce maîtresse de chaque saison, mais il reste une texture de choix pour l’automne et l’hiver. La différence : en 2026, on le porte souvent en accessoire (sac, chaussures) ou en pièce secondaire (chemise sous une veste), plutôt qu’en total look. Mais une robe en velours bordeaux reste un choix chic et intemporel.
Comment éviter que le pantalon large ne me donne l’air plus petit(e) ?
Le secret, c’est la chaussure. Des bottines à talon bloc ou des mocassins à semelle épaisse allongent la silhouette. Évite les baskets plates et les ballerines. Autre astuce : choisis un pantalon qui tombe juste au-dessus du sol (pas de flaque) et porte-le avec un haut près du corps ou rentré pour créer une ligne verticale.
Quels créateurs ont le plus influencé les tendances de l’automne 2016 ?
Deux noms dominent : Alessandro Michele (Gucci) pour son maximalisme narratif et ses mélanges d’époques, et Phoebe Philo (Céline) pour son minimalisme sculptural et ses volumes architecturaux. D’autres créateurs comme Miuccia Prada (Prada) et Jonathan Anderson (Loewe) ont aussi apporté des contributions majeures, notamment dans le travail des textures et des proportions.
Où puis-je trouver des pièces inspirées de l’automne 2016 à petit prix ?
Les friperies et les vide-greniers sont tes meilleurs alliés. Les pantalons larges en laine des années 1990 et 2000 sont faciles à trouver pour moins de 20 euros. Pour les foulards en soie, cherche dans les magasins vintage ou sur Vinted. Les marques comme Zara, Mango et & Other Stories proposent régulièrement des rééditions des tendances de 2016, surtout en automne. Et si tu as un budget plus large, regarde les collections actuelles de Gucci et Céline – elles revisitent souvent leurs propres classiques.